Expositions
Porte ouverte à «Raymond Moretti, dessinateur»
Moretti par Max Gallo
3 avril 2013/13 avril 2013
Raymond Moretti s’avance, profil classique d’un Etrusque, peau blafarde de l’insomniaque, le regard vif, curieux, pénétrant, habillé en toute saison de la couleur de la nuit, Prince Noir à la créativité généreuse et flamboyante.
Il parle peu. Il écoute, tendu. On est saisi par l’atmosphère qu’il fait naître autour de lui. Ses gestes pourtant sont rares. Mais on ressent cette densité d’un être qui ne se laissera jamais aller à la mesquinerie, à la jalousie, à l’envie, qui ne sait même pas ce que cela signifie être médiocre, être dévoré par la bassesse des rivalités ridicules qui font souvent la trame des relations humaines, petites et sordides.
Lui se veut en harmonie, en complicité, en alliance avec ce qu’il y a de grand dans la vie dans l’homme. Il se concentre sur cela. Il ne voit pas la gangue. Il ne connaît que les pépites. Il lui suffit de quelques traits pour faire surgir une âme.
Je feuillette ce livre « De Gaulle par Malraux » publié à l’occasion du dixième anniversaire de la mort du Général. Jamais peut être les « illustrations » de Moretti n’ont à ce point réussi à rendre sensible le mystère des êtres. La gravité résolue de Jean Moulin, la rêverie inspirée de Malraux, la grandeur mélancolique de de Gaulle. Et les couleurs vives, éclatantes – le bleu, le blanc, le rouge – font jaillir la vie. Et puis les grands traits noirs comme des coups de hache, montrent la grandeur cernée par le grouillement des « petits », et la cruauté de la mort.
Pour réussir à exprimer cela, la puissance exubérante de la vie – le « Monstre » qu’il bâtit, prolifère – et les menaces qui pèsent en elle, il fallait être soi-même lucide et en même temps être emporté par la volonté, la vitalité du faire.
Ainsi Raymond Moretti a créé une œuvre polymorphe, joyeuse et déchirante comme le Jazz. Il n’a jamais calculé, en avare de son talent. Il a soufflé comme un musicien, qui donne tout, à chaque fois qu’il pose sa trompette sur ses lèvres. Et tant pis si l’enchantement va se dissiper, aussitôt qu’il aura fini de jouer. Il recommencera. Son œuvre est dans le mouvement, l’inspiration, l’improvisation quotidienne.
La musique, le chant de Moretti, la mort elle-même ne les a pas interrompus.
Il a peuplé le monde de visages, d’arabesques, de méditations graphiques sur les livres sacrés, les religions.
Il est là, créateur prodigue, Prince Noir, illuminé par la noblesse de son âme.
Max GALLO
"Pour l'Association des Amis de Raymond Moretti"
Porte ouverte au peintre SKY ART, Philippe NAUD
“De l’autre côté du Mur : L’UNIVERS”
5 février 2013 / 1er avril 2013
Sous le parrainage amical d’Hubert Reeves, la galerie Caplain-Matignon est heureuse de vous faire découvrir l’espace du « Sky Art » avec l’artiste Philippe Naud, poète et explorateur de l’univers.
Nul peintre du «monde céleste» n’aura connu trajectoire plus diverse. Né au bord de l’océan Atlantique, (présage d’un goût certain pour l’infini ?), Philippe Naud se passionne d’abord pour la sculpture ; c’est sur la pierre tendre du tuffeau qu’il réalise ses premières figures. Grand voyageur, l’artiste se révèle au fil de ses carnets de croquis qu’il vend avec un certain succès. Sa maîtrise du dessin et de la peinture l’amène à travailler pour le théâtre de 1980 à 1990, il s’initie à la danse, au mime, aux arts du cirque. Une des ses performances, « l’Odyssée de l’Espèce » qui raconte l’Histoire depuis les dinosaures jusqu’aux internautes, se joue dans toute l’Europe. Portant un intérêt particulier à la couleur, Philippe Naud s’attache à traduire l’émotion qui en découle et enseigne le «mouvement des couleurs» au sein de nombreuses écoles et entreprises.
Mais bientôt, c’est la magie du ciel étoilé qui l’attire. De nombreux amis, physiciens, astrophysiciens, philosophes l’entourent. L’un d’entre eux le met au défi de représenter le « Boson de Higgs ». Comment créer une image à partir de données scientifiques, jouer avec les particules, marquer la distance entre le bleu qui rapproche et le rouge qui éloigne ? En 2011, (quelques mois avant la découverte du Boson au CERN de Genève), après une année de recherche, le pari est relevé et Philippe Naud met à jour «son » Boson. Désormais, l’artiste se consacre totalement à dépeindre le cosmos, en toute liberté.
Avec l’exposition du « Mur de Planck », Philippe Naud nous entraîne dans un joyeux tourbillon qui fait sa révolution autour du fameux trou noir. Le temps, l’énergie et l’espace se répondent sur la toile en matière et en relief. Les poussières dansent, les fluides se rencontrent et s’épousent, les corpuscules fusionnent, des pierres précieuses jettent leurs éclats irisés et de fabuleuses couleurs s’illuminent comme les vitraux d’une gigantesque rosace. De ce cosmos qui hésite entre chaos et harmonie, naît une interrogation sur l’origine du monde et une jubilation infinie.
Happés par les images abstraites et fascinantes de Philippe Naud, nous voici attentifs et émerveillés par l’immensité de l’univers, son silence, son mystère…
« Philippe Naud est un ami de longue date. Nous partageons la même passion pour l’univers. Je suis touché par la façon dont il traduit en couleurs les émotions de cette fabuleuse histoire de nos origines”.
Hubert Reeves
Porte ouverte à Tolstoï
La piscine Molitor dans tous ses états
8 Novembre 2012 / 01 Décembre 2012
En ce mois de novembre consacré à la photographie, la Galerie est fière de présenter pour la première fois, Dimitri Tolstoï et sa vision de la piscine Molitor.
« Il y a un an et demi, invité à une fête donnée dans le « Paquebot blanc » chef d’œuvre de l’art déco des années 1930, j’ai retrouvé l’espace magique où je venais patiner l’hiver… ». Lieu d’enfance, lieu inoubliable. Magnifiée par des centaines de tags et de graffitis, ce lieu vit ses dernières heures. Dimitri Tolstoï est enthousiaste devant ce panoramique qui évoque pour lui la bande dessinée : « Je demande l’autorisation. On m’accorde une journée. Le bonheur. Je serai le dernier à la prendre en photo ». Tolstoï plonge et contre-plonge dans les bassins, joue des perspectives depuis les passerelles, zoom sur les tags et graffitis, shoote les recoins les plus secrets des cabines. L’œil aux aguets, il mitraille ce que personne ne sait voir comme lui et qui va disparaître. Une belle architecture, des messages, des signatures, des couleurs, des déclarations… A l’issue de la journée, Tolstoï retravaille les images pour en faire une bande dessinée, mêlant à la géométrie du monument le côté graphique des street-arters. « On dirait du Bilal », disent ses amis, littéralement conquis.
Très jeune, Dimitri Tolstoï se passionne pour la photo. A quatorze ans, attiré par l’image, il crée son propre studio, organise des mises en scène : portraits de famille mais aussi d’objets très modestes : un œuf, une pomme de terre… trouvent grâce à ses yeux. Est-ce le fait d’une hérédité fameuse ? Son arrière grand-mère, Sofia Tolstoï, artiste accomplie, aquarelliste et photographe, a été le reporter le plus intime de Léon Tolstoï.
Dimitri Tolstoï a également fixé les étapes de la destruction de la piscine Molitor. Des moments fabuleux. Tout ce qu’il aime. Comme se battre pour un détail que personne ne verra. Il nous apprend à regarder un tag comme une fleur éclatée, un graffiti comme une goutte d’eau, l’intérieur d’un fruit ou le poil d’une barbe. Heureux de découvrir au développement ce qui n’apparaissait pas à la prise de vue, il photographie l’invisible. Un monde que, joyeux et généreux, Dimitri Tolstoï se réjouit d’offrir, l’espace d’un instant ou parfois très longtemps…
“Les grandes œuvres d’art ne sont grandes que parce qu’elles sont accessibles et compréhensibles à tous”.
Léon Tolstoï
Porte ouverte à 22 Artistes
Peintures, sculptures et photographies
A partir du 4 décembre 2012
En cette fin d’année, la Galerie réunit ses artistes, peintres, photographes, grapheurs, street-arters, sculpteurs pour vous livrer un florilège de leurs créations.
Sous le regard malicieux du petit diable rouge de Speedy Graphito qui joue Cash, se déroule une joyeuse sarabande. Kokian nous offre son emblématique et voluptueuse nana, Escort Girl aux bras en forme de cœur, tandis que l’avatar asiatique de Dominique Fury émerge comme en 3D d’un fabuleux damier ; Séverine Collet montre avec aplomb le fuselage fessier fait de collages colorés d’une muse amusante alors que le couple éclairé et fluo de Valeria Attinelli s’embrase et s’embrasse avec effusion et que celui de Franck Cetrero, façonné en boules de pétanque, virevolte… Lucio Attinelli indique bien qu’1 +1 = 1 mais derrière son grillage, quel est le message délivré par la femme emprisonnée ? Et quel est le secret de ces superbes silhouettes « sculptées » par Tali, qui allient à la violence d’un travail au couteau, la douceur caressante d’une patine ?
L’Homme blanc de Jérôme Mesnager tire le verrou et libère toutes les fantaisies artistiques... Nathalie Lamoral sème avec humour ses pots de couleur, clin d’œil à la soupe Campbells immortalisée par Warhol, et aux pois de Damien Hirst, alors que la Princesse M s’amuse à faire danser une série de Borsalino. Un couvre-chef que Steve McQueen porterait sans doute avec plaisir mais que Natacha Toutain a choisi de peindre avec sa sempiternelle cigarette dans un portrait très séduisant sur une simple caisse de bois. Les filles en rouge de Mar One ne le laisseront pas indifférent… Sophie Turcon déploie avec dynamisme la bannière étoilée ponctuée de collages arrachés au Herald Tribune. Le petit clown de Jean-Jacques Birot s’en tire avec une pirouette.
Un brin de poésie avec la Coréenne Daru, qui nous emmène dans le décor naturellement enchanté de ses « Forêts parfumées ». Le soleil noir d’Antoine Benoit, enchâssé sous un verre ophtalmique, dévoile sa présence lumineuse au sein d’un subtil camaïeu de gris. Francis Brunelle fragmente sa vision kaléidoscopique comme des éclats de vitrail dans le paysage d’Haïti alors qu’à Paris, sur la Tour Eiffel en construction, les personnages d’Astruc se livrent à des acrobaties très magnétiques.
La piscine Molitor taggée par des mains anonymes ou célèbres, revit grâce à l’impressionnante plongée photographique de Dimitri Tolstoi qui ne cesse de fasciner par mille détails révélés. Autre surprise : les statuettes d’Arkine-M en noir et blanc, moulées sur le crâne d’anthropoïdes sacrés du Népal qui interrogent le monde du Profit. Raymond Moretti n’en finit pas d’éblouir par son éternel et multiple talent…
La galerie Caplain-Matignon se réjouit de vous accueillir pour parcourir cet inventaire –à la Prévert-… A très bientôt.
Listes des 22 artsites
Arkine.M-Astruc-Lucio Attinelli-Valeria Attinelli-Antoine Benoit-Jean-Pierre Birot -Francis Brunelle-Franck Cetrero-Séverine Collet-DARU (Jung Hyang Kim)-Dominique Fury-Speedy Graphito-Kokian-Nathalie Lamoral-MareOne-Jerôme Mesnager-Raymond Moretti-Princess M-Tali-Dimitri Tolstoï-Natacha Toutain-Sophie Turcon
Porte ouverte à Fury
Fury, electric lady
28 septembre 2012 / 6 novembre 2012
La galerie met l’accent cet automne sur l’étonnant univers de Dominique Fury, artiste qui joue en toute poésie sur un mode flottant, à caresser comme un interdit…
Chez Dominique Fury, ne cherchez pas la toile classique du peintre, elle n’aime que les supports textiles qu’elle choisit en guise de pinceaux et de couleurs : le cuir, le skaï, le caoutchouc, la soie, le voile (qui a la transparence d’un lavis), la fourrure. Et ce pelage délicat, protégé par un plexiglas, offre d’étranges sensations car lorsque l’on passe la main, les poils se dressent, se couchent, s’épanouissent sous la caresse. La sculpture tactile devient interactive. Sur une surface horizontale ou sur un mur, l’effet est saisissant. Après la « table bleue » de Klein, celle, toute verte, de Dominique Fury nous emporte au cœur d’un design qui oscille entre le naturel (l’herbe se couche sous le vent) et le virtuel.
Au fil des œuvres de Dominique Fury, se distingue une silhouette féminine au type asiatique, véritable avatar de l’artiste. Elle lui confère une attitude évolutive d’amazone, de guerrière, de femme vénale, soumise à ses désirs de luxe ou de jeune fille innocente et nue dans le jardin originel. Ces icones apparaissent comme dans un jeu vidéo, transparentes et sublimes sérigraphies sur fonds de matières textiles harmonisées.
Dans le chaos actuel, Dominique Fury met en forme sa vision sur le monde. De simples emballages plastiques, symbole de la pollution des mers, deviennent sous ses mains des créatures hybrides et fascinantes : séduisantes méduses ondulant dans un aquarium… La pensée philosophique se mêle à la rêverie poétique.
“Je capte le monde, je le Métamorphoses”
Toujours en recherche, Dominique Fury n’a de cesse d’inventorier de nouvelles pistes de sensations où s’affrontent et s’embrassent le présent et le futur, le réel et la fiction, le naturel et le virtuel. Exposée dans le monde entier, dans les collections privées et publiques de la Ville de Paris, du Musée Rimbaud, Seita, Agnès B, Georges Guilbaud, de Cornette de St Cyr, Saatchi… Cette artiste au parcours riche n’en finit pas de nous faire chavirer au cœur d’un environnement d’une beauté aussi plastique que cybernétique.
Biographie
Née en 1956, Fury vit et travaille à Paris. Après des études à Sciences-Po, rapidement abandonnées, elle côtoie les mouvements underground. C’est à New York qu’elle prend son nom d’artiste Fury. Côtoyant la Figuration Libre sans en être, proche des Nouveaux Pop, elle anticipe dans sa pratique picturale les procédés numériques à venir : copier-coller, calque, remix. Les femmes sont omniprésentes dans ses œuvres : doubles asiatiques d’elle même, madones ou amazones. Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries en France et à l’étranger et se trouvent dans des collections privées et publiques parmi lesquelles la Ville de Paris, le Musée Rimbaud, la Seita, les collections Agnès b. Pierre Cornette de St Cyr et Saatchi..


